Casser une cloison : ce qu'il faut savoir

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Stop ! Posez tout de suite cette masse ! Casser ou ouvrir une cloison ne s’improvise pas : savez-vous vraiment ce qu’elle contient ? S’agit-il véritablement d’un mur non porteur ? Et après avoir tout cassé, comment aménager l’appartement ? Suivez nos conseils pour ouvrir ou casser une cloison sans risque dans le cadre de l’aménagement de votre appartement.

Casser une cloison va vous permettre d’agrandir votre appartement ou encore de l’adapter à une personne à mobilité réduite. Dans les appartements petits ou sous pente, ces travaux vous font gagner en fonctionnalité et en espace. C’est parti !

 

Mur porteur ou simple cloison ?

Vous ne pouvez pas casser n’importe quel mur dans votre logement. En effet, il en existe de deux sortes :

  • Les murs porteurs : ils soutiennent toute la structure de l’immeuble, et sont garants de sa solidité. En pierre, en béton, en briques creuses, épais, le mur porteur se situe souvent en façade. Quand il est l’intérieur du logement, on parle de mur de refend. Pour ouvrir, modifier ou abattre un mur porteur, vous devez impérativement faire appel à un professionnel du bâtiment ; par ailleurs, le recours à un architecte peut être intéressant afin de lui soumettre votre projet et de recueillir ses conseils.
  • Les cloisons : elles servent à diviser l’espace ou à séparer les appartements les uns des autres. La structure de l’immeuble ne reposant pas sur elles, vous pouvez à priori les modifier sans problème. Toutefois, méfiance ! Dans les immeubles anciens ayant connu de nombreuses modifications, certaines cloisons peuvent s’être changées en cloisons semi-porteuses et supporter en partie un plancher ou une charpente. Là encore, le recours à un professionnel peut être précieux pour ne pas mettre en péril votre appartement, voire l’immeuble entier !

Les murs non-porteurs ont en commun une relative légèreté dans leur conception. En plaques ou en carreaux de plâtre, en briques, en béton cellulaire, ils sont en général plus fins que les murs porteurs. Ils ont également tendance à sonner « creux », signe qu’ils ne sont pas conçu supporter un poids important.

 

Quelles autorisations pour casser une cloison ?

Pour une cloison non-porteuse, vous n’avez en théorie besoin d’aucune autorisation. Le syndic n’a donc pas à être mis au courant. Mais deux conseils de bon sens s’imposent :

  • Prévenez vos voisins des travaux : même si abattre une cloison est relativement rapide, cela va produire du bruit et de la poussière.
  • Locataires, attention : recueillez l’accord de votre propriétaire avant d’entamer les travaux ! Au moment de rendre l’appartement, il est en droit de vous demander de le restituer dans l’état d’origine…

 

Que peut contenir ma cloison ?

Si votre cloison comporte un interrupteur, une prise électrique ou qu’elle accueille une arrivée d’eau (robinet, douche) : coupez préalablement l’alimentation (eau et/ou électricité), puis procédez à l’abattage de la cloison avec précaution pour ne pas endommager la plomberie ou l’installation électrique.

Pour dégager au mieux les goulottes contenant le câblage et/ou la tuyauterie, référez-vous à un plan d’installation : à demander à votre propriétaire pour les locataires, ou encore au syndic. Si votre appartement n’a pas de plan, faites appel à un professionnel qui vous conseillera sur la meilleure façon de casser votre cloison en toute sécurité. Vous pouvez aussi vous aider d’un détecteur de matériaux.

S’il s’agit d’une cloison montée sur rail, vous trouverez une couche de matériau isolant entre deux plaques de plâtre ; il faudra alors commencer par arracher les plaques, puis retirer l’isolant qui est simplement inséré avant de démonter le cadre métallique.

 

Quel outillage utiliser pour casser ou ouvrir une cloison ?

On démarre traditionnellement l’abattage d’une cloison à l’aide d’une masse : entamez la démolition par le haut, près du plafond, puis descendez vers le sol progressivement.

Pour procéder à l’ouverture proprement dire, votre outillage dépend de la nature de votre cloison :

  • Parpaings, briques, béton cellulaire : une scie sabre dotée d’une lame dentée de 15 cm au moins vous permettra d’attaquer la matière efficacement. Procédez aux finitions à l’aide d’un marteau ou d’une massette et d’un burin.
  • Plaques ou carreaux de plâtre : une scie égoïne manuelle ou électrique fera l’affaire. Assurez vous que la lame soit adaptée.

 

Organiser le chantier !

Sécurisez votre chantier de démolition de cloison ! Vous, tout d’abord : le port d’une combinaison est recommandé et celui de lunettes de protection, indispensable. Pensez également au masque anti-poussière car la destruction d’un mur non-porteur en génèrera beaucoup, surtout s’il est en plâtre… Enfin, pensez au casque de chantier et aux chaussures de sécurité (les chutes de gravats ne sont pas rares), ainsi qu’aux gants de protection. Vous êtes paré !

Utiliser du scotch et des bâches de peintre pour calfeutrer et protéger vos ouvrants, placards, sols et meubles impossibles à déplacer. Idéalement, il faudrait casser une cloison dans une pièce vide mais cela n’est pas toujours possible… Comme nous l’avons vu, casser ou ouvrir un mur non-porteur va générer beaucoup de poussière, dont il sera difficile de se débarrasser ensuite, et qui a tendance à s’infiltrer partout. C’est un élément que vous devez absolument anticiper !

Si vous voulez pratiquer une ouverture dans une cloison sans pour autant l’abattre entièrement, il vous faudra peut-être étayer les pans de murs de part et d’autre de l’ouverture. La pose d’un cadre à l’intérieur de la nouvelle ouverture pour « fixer » la nouvelle configuration pourra être nécessaire ; en cas de doute, tournez-vous vers un entrepreneur.

 

Et une fois la cloison cassée ?

Vous avez abattu votre cloison, félicitations ! Maintenant, deux nouveaux chantiers s’annoncent : l’évacuation des gravats et les finitions.

Evacuer les gravats aussi se prépare ! Procurez-vous des sacs spécifiques de grande contenance qui peuvent contenir les débris sans se percer. Veillez à prévoir un nombre de sac suffisant, pour ne pas avoir besoin de trop les remplir ; vos sacs de gravats doivent rester transportables… D’autant plus si vous ne disposez pas d’un ascenseur ; pensez-y !

Pensez à protéger l’habitacle de votre véhicule au moment de charger les sacs pour aller à la déchèterie. Là aussi, préparez votre déplacement en amont : accès, horaires de la déchèterie, autorisations… Sachez qu’en tant que particulier, il vaut mieux évacuer les gravats au fur et à mesure ; seuls les professionnels du bâtiment sont autorisés à déposer un gros volume de en une fois.

Enfin, parlons finitions : en cas de démolition totale d’une cloison, vous devrez poncer les traces au niveau des murs et du plafond, puis parfaire le raccord avec de la peinture. Pour le sol, la pose d’une barre de seuil peut s’avérer indispensable, surtout si la nature des sols n’est pas la même !

Il va falloir aussi s’occuper du ménage… Louer un aspirateur eau et poussières est indispensable. Un conseil : n’utilisez pas votre aspirateur domestique, la poussière de plâtre ou de béton aura sa peau ! Avant de passer à un nettoyage « humide » (serpillère, nettoyeur vapeur), débarrassez-vous d’un maximum de poussière à sec, car l’eau va contribuer à l’étaler sur les surfaces où elle peut s’incruster pour longtemps.

Abattre une cloison non-porteuse, ce n’est pas compliqué ; tout est dans l’anticipation et une préparation minutieuse de votre chantier. C’est le gage de premiers pas réussi dans les travaux de rénovation ! Une fois la cloison tombée, ne vous reste plus qu’à passer à l’aménagement de votre appartement.